Chapitre VI, Mesures de soutien à l’innovationArticle 63

Article 63 : Dérogations pour des opérateurs spécifiques

Applicable à partir de 2 déc. 2027~1355 motsVérifié sur EUR-Lex avr. 2026

L’article 63 prévoit que le régime de sanctions de l’article 99 doit tenir compte de la viabilité financière des PME et des jeunes pousses lors de la fixation du montant des amendes. La taille économique et la position sur le marché de l’opérateur doivent être prises en compte. La Commission et les États membres veillent à ce que les régimes de sanctions prévoient des plafonds d’amende plus bas pour les PME, comme le précise l’article 99, paragraphe 6. C’est la disposition explicite de réduction d’amende pour les PME, distincte des mesures de soutien de l’article 62.

À qui cela s’applique-t-il ?

  • -PME et jeunes pousses exposées à des amendes administratives au titre du règlement sur l’IA, qui bénéficient de plafonds d’amende maximaux réduits et d’une appréciation de proportionnalité
  • -Autorités nationales qui appliquent le régime de sanctions, et qui doivent tenir compte de la taille économique et de la viabilité financière de l’opérateur
  • -Juridictions qui apprécient la proportionnalité des sanctions pour les opérateurs plus petits en contrôle juridictionnel

Scénarios

Une jeune pousse à 2 M€ de chiffre d’affaires annuel commet une infraction qui attirerait, pour une entreprise, le plafond standard de 15 M€ ou 3 % du chiffre d’affaires mondial au titre de l’article 99, paragraphe 4. L’autorité nationale applique l’article 63 et l’article 99, paragraphe 6, ce qui plafonne l’amende au seuil PME plus bas plutôt qu’au plafond standard.

Le plafond d’amende est réduit de façon proportionnelle à la taille économique de la jeune pousse. Le plafond standard de 15 M€ menacerait l’existence d’une société à 2 M€ de chiffre d’affaires ; l’article 63 veille à ce que la sanction reste dissuasive sans être disproportionnée.
Ref. Art. 63, Art. 99(6)

Une entreprise de taille moyenne (200 salariés, 40 M€ de chiffre d’affaires) reçoit une amende pour défaut de mise en œuvre d’une gestion des risques adéquate au titre de l’article 9. L’autorité tient compte de la position sur le marché, de la gravité de l’infraction, de la coopération à l’enquête, et du plafond PME de l’article 99, paragraphe 6.

L’amende est fixée en deçà du maximum standard, ce qui reflète à la fois l’exigence de proportionnalité de l’article 63 et les facteurs atténuants de l’espèce. L’infraction à l’article 9 relève de l’article 99, paragraphe 4 (15 M€ / 3 %), et non du palier de l’article 99, paragraphe 3, réservé à l’article 5.
Ref. Art. 63, Art. 99(4)

Ce que fait l’article 63 (en clair)

L’article 63 est une garantie de proportionnalité pour le régime de sanctions du règlement sur l’IA. Il répond à une préoccupation centrale : les plafonds standard de l’article 99, jusqu’à 35 M€ ou 7 % du chiffre d’affaires mondial pour les pratiques interdites de l’article 5 (article 99, paragraphe 3), pourraient menacer l’existence des petits opérateurs.

L’article 63 exige :

1. Prise en compte de la viabilité financière, lors de la fixation du montant, la viabilité financière des PME et des jeunes pousses doit entrer en ligne de compte. Une amende qui ferait faillite une jeune pousse tout en gênant à peine un géant technologique n’est pas proportionnée. 2. Taille économique et position sur le marché, la taille économique réelle de l’opérateur (et pas seulement son statut juridique) doit peser dans le calcul. 3. Plafonds d’amende plus bas pour les PME, l’article 99, paragraphe 6, fixe des montants maximaux réduits pour les PME et les jeunes pousses à tous les paliers d’infraction (le montant le moins élevé entre le pourcentage et le plafond en euros). L’article 63 renforce l’application de ces plafonds. L’article 99, paragraphe 2, impose en outre de tenir compte des intérêts des PME, y compris les jeunes pousses, et de leur viabilité économique.

Cela s’applique à côté des mesures de soutien de l’article 62. L’article 62 aide les PME à se conformer ; l’article 63 veille à ce que, si une PME est sanctionnée, les montants soient proportionnés à ses moyens.

Les paliers de sanctions et les réductions PME

Au titre de l’article 99, les paliers standard sont :

| Type d’infraction | Maximum standard | Maximum PME / jeune pousse | |---|---|---| | Pratiques interdites (art. 5) | 35 M€ ou 7 % du chiffre d’affaires (art. 99, § 3) | Plafonds plus bas, art. 99, § 6 | | La plupart des autres obligations | 15 M€ ou 3 % du chiffre d’affaires (art. 99, § 4) | Plafonds plus bas, art. 99, § 6 | | Informations incorrectes aux autorités | 7,5 M€ ou 1 % du chiffre d’affaires (art. 99, § 5) | Plafonds plus bas, art. 99, § 6 |

Les plafonds plus bas pour les PME sont précisés à l’article 99, paragraphe 6. Dans tous les cas, le plafond d’amende pour une PME ou une jeune pousse est le moins élevé du pourcentage de chiffre d’affaires ou du montant en euros. Cette inversion de la règle standard (qui retient le montant *le plus élevé*) est une protection délibérée.

Voir le texte intégral sur EUR-Lex pour les chiffres exacts.

Lien avec le reste du règlement

  • Article 62, mesures de soutien aux PME (aide à la mise en conformité ; l’article 63 couvre le volet sanctions).
  • Article 99, le régime complet des sanctions, y compris les plafonds, les facteurs aggravants et atténuants, et les plafonds propres aux PME.
  • Article 90, dispositions d’exécution supplémentaires pertinentes pour l’application des sanctions.
  • Article 113, dates d’application et dispositions transitoires.

Liste de conformité

  • Vérifier le statut PME ou jeune pousse de votre organisation au sens de la définition de l’UE (recommandation 2003/361/CE de la Commission) : cela détermine l’éligibilité aux plafonds d’amende réduits.
  • Connaître les plafonds d’amende réduits applicables aux PME au titre de l’article 99, paragraphe 6, pour chaque palier d’infraction : la règle du montant le moins élevé s’applique.
  • En cas d’enquête, présenter à l’autorité nationale les éléments sur votre taille économique, votre position sur le marché et votre viabilité financière pour l’appréciation de proportionnalité.
  • Documenter la coopération avec les autorités pendant toute enquête : c’est un facteur atténuant au titre de l’article 99 qui s’ajoute à la réduction de l’article 63.
  • Tenir des comptes qui démontrent clairement le statut PME : le chiffre d’affaires et le total de bilan peuvent être demandés par les autorités pour appliquer les plafonds.

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Questions fréquentes

L’article 63 signifie-t-il que les PME peuvent ignorer le règlement sur l’IA parce que les amendes sont plus basses ?

Absolument pas. L’article 63 réduit les plafonds d’amende maximaux mais n’élimine pas les sanctions. Les PME restent soumises à toutes les obligations du règlement, et les mesures d’exécution peuvent inclure des actions correctives, le retrait du produit et un préjudice réputationnel au-delà des amendes. Les plafonds réduits assurent la proportionnalité, pas l’impunité.

Comment les autorités déterminent-elles si je suis une PME pour les sanctions ?

Les autorités appliquent la définition standard de l’UE : moins de 250 salariés et soit un chiffre d’affaires ≤ 50 M€, soit un total de bilan ≤ 43 M€. Elles peuvent aussi tenir compte de votre taille économique réelle et de votre position sur le marché pour que la sanction soit proportionnée, même si vous sortez techniquement des seuils stricts de PME.

Une filiale d’un grand groupe peut-elle revendiquer les réductions d’amende PME ?

En général non. La définition PME de l’UE tient compte des entreprises liées. Si la filiale est contrôlée par une société mère de grande taille, les effectifs et les comptes de la mère sont agrégés, ce qui disqualifie en pratique la filiale. Vérifiez les règles des entreprises « partenaires » et « liées » dans la recommandation 2003/361/CE de la Commission.